Parole aux élus : la valeur ajoutée des résidences-FJT sur les territoires

Jean-Michel MORER, maire de Trilport (77), est convaincu de l’utilité des résidences-FJT pour son territoire. Il détaille leurs "effets positifs" et témoigne de son expérience de coopération avec Relais Jeunes.


-Quelle(s) dimension(s) de l’utilité des FJT vous parle le plus et pourquoi ?
A mes yeux la véritable valeur ajoutée des FJT est qu’elle apporte véritablement des clés à chaque jeune pour qu’il soit en capacité de construire progressivement son autonomie, de grandir afin d’affronter mieux armé la vie.
J’ai vécu des expériences malheureuses de structures en charge du suivi des jeunes très fragilisés, vulnérables, en rupture, abimés par un parcours de vie compliqué, qui avaient opté pour un mode de logement diffus, en immersion. Ce qui se traduisait en fait pas les laisser seuls et désarmés face à leurs tentations, aux aléas et un environnement pas toujours adapté. Un 06 ne remplace pas une présence humaine constante…

Je préfère de loin la vision des résidences FJT, lieux certes ouverts, mais protecteurs, adaptés, proposant un véritable suivi des jeunes, avec des équipes qualifiées et expérimentées, disponibles, accessibles, mobilisées autour de ce lien humain essentiel. Ce contexte permet que chaque jeune soit réellement en capacité d’avancer progressivement dans ses projets personnels ou professionnels.
Devenir citoyen se construit, notamment et surtout aujourd’hui, dans une société qui mute, dans laquelle les repères ne sont pas toujours faciles à trouver. Une résidence FJT offre un environnement approprié et adapté, qui favorise l’accès aux droits, aux usages numériques. La valeur ajoutée d’un FJT est ce supplément d’âme qu’apporte le lien humain et l’accompagnement qui fait société et humanité.

-En tant qu’élu, quel(s) objectifs poursuivez-vous avec l’implantation d’un FJT sur votre commune ?
La problématique du logement est une des plus aiguës que notre société doit résoudre aujourd’hui, tant avoir un toit est un droit qui ne doit être celui simplement de dormir mais bien de construire son autonomie. Le logement est un des vecteurs essentiels de citoyenneté, d’épanouissement humain et collectif, encore faut-il qu’il soit le plus adapté possible.

Dans les territoires dit en tension, comme c’est le cas de ma commune, cette problématique est devenue la priorité des priorités. Elle est d’autant plus aiguë lorsque l’offre est non seulement insuffisante mais absente, notamment pour des publics dit fragilisés : seniors, personnes atteintes de handicap ou jeunes adultes. Pour ces derniers l’équation est plus que complexe, souvent infaisable : offre insuffisante de logements de petite taille, inaccessibilité financière, garanties trop élevées auxquelles s’ajoutent deux paramètres trop souvent sous-estimés : celui des mobilités et de l’accompagnement. Le logement diffus n’est certainement pas à mes yeux la solution la plus adaptée loin s’en faut.
Conséquence directe, chercher un logement s’apparente le plus souvent à un parcours du combattant, ce qui se traduit pour certains jeunes dépendre plus longtemps de leurs parents (soit en vivant chez eux, soit en dépendant de leur soutien financier), pour d’autres par la précarisation.
La solution que proposent les FJT se situe à la confluence de plusieurs problématiques sociétales qu’elle aborde de manière transversale et globale. C’est la meilleure réponse qui soit. Elle propose :
• Une offre de logement adapté, accessible, souvent d’ailleurs un premier logement ;
• Une communauté de vie respectueuse de l’intimité de chacun, créatrice de lien social et de vivre ensemble, entre jeunes au parcours de vie différent, hybridation qui constitue une véritable richesse ;
• Un accompagnement humain et social assuré par des professionnels qui animent des lieux de vie fondés sur la mixité́ des publics accueillis, le brassage social, dans lesquels le vivre-ensemble se construit patiemment grâce au savoir-faire de femmes et d’hommes dont c’est la vocation. Cet accompagnement constitue une véritable valeur ajoutée, il permet à chaque jeune de disposer des repères essentiels lui permettant de construire progressivement son autonomie et entamer ainsi non seulement un parcours résidentiel, ce qui n’est pas rien, mais d’acquérir des savoir-faire et une expérience de vie qui sont de vrais vecteurs d’émancipation.

-En quelques mots, pourriez-vous nous présenter votre expérience de partenariat avec Relais jeunes concernant votre projet de FJT
Depuis plus de 10 ans, nous travaillons avec Relais Jeunes, à créer une telle résidence, dans l’écoquartier de l’Ancre de lune, tant nous partageons les valeurs d’intégration et d’inclusion portées par les FJT.
Depuis 10 ans, nous construisons à Trilport, patiemment, pas à pas, mais avec détermination une mixité que nous désirons épanouie, qu’elle soit générationnelle, fonctionnelle ou sociale, afin de produire du vivre ensemble, de faire société et sens, dans une ville durable et solidaire, qui place le respect des autres et de la nature au centre de ses propriétés. Avec Relais Jeunes, nous avons construit un projet spécifique sur l’Ancre de lune et Trilport où un logement sur 10 du FJT permettra de recevoir des familles monoparentales, tant il est essentiel de permettre, souvent à des femmes seules avec des enfants en bas âge de trouver des solutions de logement dignes, respectueuses.
10 ans à construire un authentique écoquartier labellisé au niveau national et régional se développant autour d’un projet social qui en constitue la colonne vertébrale, un quartier connecté, à une gare SNCF, à une ville qui se développe avec harmonie, aux usages numériques mais plus que tout connecté à ce territoire et à la nature.
10 ans de compagnonnage avec Relais Jeunes, à affronter les aléas, à porter un projet qui au fil des ans a su trouver ses racines profondes.